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Starmer résiste aux appels à la démission venus de son propre camp
information fournie par Reuters 12/05/2026 à 18:53

(Actualisé avec vice-Premier ministre §§6-7, nouvelle démission §9, lien vers un portrait de Starmer)

par Elizabeth Piper, Sarah Young et Andrew MacAskill

Le Premier ministre britannique Keir Starmer restait sourd mardi aux appels à la démission venus de son propre camp, disant à ses ministres qu'il allait "continuer à gouverner" malgré ce qu'il a qualifié lui-même de 48 heures "déstabilisantes" pour le pays et le départ de plusieurs membres de son gouvernement.

Lors d'une réunion avec son équipe ministérielle, le locataire du 10, Downing Street, au pouvoir depuis juillet 2024, a une nouvelle fois endossé la responsabilité - comme lors de son appel à la stabilité et à l'unitéde lundi - de la déroute historique de sa formation aux élections locales du 7 mai.

Mais il a assuré qu'aucune démarche n'avait été enclenchée visant à le remplacer à la tête du gouvernement.

"Le Parti travailliste dispose d'une procédure permettant de contester le leadership, mais celle-ci n'a pas été déclenchée", a déclaré Keir Starmer, selon ses services.

À l'issue de la réunion, plusieurs ministres de premier plan ont apporté leur soutien au chef du gouvernement, le ministre des Retraites, Pat McFadden, déclarant aux journalistes que personne n'avait contesté l'autorité du Premier ministre au sein du cabinet et qu'il y avait eu au contraire "de nombreuses déclarations de soutien à l'égard du travail qu'il accomplit".

Plus tard dans la journée, le vice-Premier ministre David Lammy a assuré Keir Starmer de son "plein soutien".

"Personne ne semble bénéficier de suffisamment de soutiens pour s'opposer à Starmer", a-t-il ajouté.

D'autres, dont des médias britanniques avaient auparavant rapporté qu'ils étaient favorables à un départ de Keir Starmer, sont partis sans dire un mot, à l'instar de la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood et de la ministre des Affaires étrangères Yvette Cooper.

Quatre sous-secrétaires d'Etat ont annoncé leur démission : Miatta Fahnbulleh (logement et collectivités), Alex Davies-Jones (victimes), Zubir Ahmed (santé) et Jess Philipps (chargée de la lutte contre les violences faites aux femmes), qui a dit ne pas voir "de signe du changement que le pays attend".

REMOUS SUR LES MARCHÉS FINANCIERS

Près de 80 députés travaillistes, issus de différentes tendances idéologiques du parti, se disent favorables à ce que Keir Starmer fixe un calendrier en vue de son départ de la tête du parti et du gouvernement.

Aux termes du règlement du Labour, qui n'a jamais évincé un Premier ministre issu de ses rangs en 125 ans d'histoire, une motion de défiance à l'encontre du Premier ministre au profit d'un remplaçant doit recueillir les signatures de 20% du groupe parlementaire, soit 81 députés.

En réaction aux incertitudes politiques, les rendements obligataires à long terme du Royaume-Uni ont atteint dans la matinée leur plus haut niveau depuis près de 30 ans, tandis que la livre sterling se déprécie nettement.

Le rendement de référence des Gilts à long terme, celui à 20 ans GB20YT=RR et celui à 30 ans GB30YT=RR , les plus sensibles aux risques budgétaires, ont atteint mardi leur plus haut niveau depuis 1998, s'établissant respectivement à 5,76% et 5,81%.

Le rendement du Gilt à 10 ans GB10YT=RR s'est envolé pour atteindre 5,13%, un pic de 16 ans. La livre sterling perd 0,63% face au dollar.

"Les dernières 48 heures ont été déstabilisantes pour le gouvernement et cela comporte un vrai coût économique pour notre pays et nos familles", a dit Keir Starmer à ses ministres, selon ses services.

"Le pays attend de nous que nous continuions à gouverner. C'est ce que je fais et c'est que nous devons faire en tant que gouvernement", a-t-il ajouté.

Keir Starmer est le quatrième Premier ministre britannique en cinq ans. Les initiatives à son encontre interviennent la veille du discours du roi, lors duquel Charles III ouvrira formellement la deuxième session du Parlement élu en 2024 et présentera les réformes à venir de l'exécutif.

Lire également : PORTRAIT-Deux ans après son triomphe, le mal aimé Keir Starmer tente de sauver sa place nL6N41P12X

(Version française Benoit Van Overstraeten, Etienne Breban et Tangi Salaün, avec Diana Mandiá, édité par Jean-Stéphane Brosse et Sophie Louet)

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